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Une traversée des apparences

Ô toi qui cherches le chemin qui conduit au secret, reviens sur tes pas : car c’est en toi que se trouve le secret tout entier

(Ibn Al-‘Arabî)

Comment nier la nature voluptueuse des eaux ? Enfants premières, les ondes dérivent d’une fusion aérienne des éléments ; elles se présentent comme une substance de l’amour, de l’union et de la naissance. Est-ce la raison qui expliquerait le lien profondément physiologique qu’Hélène Ash échange avec le monde liquide ?

Les plongées de la jeune artiste s’apparentent à de véritables communions charnelles : par l’immersion dans l’espace aquatique et vital, la femme devient mer et la mer devient femme.

Ici-bas, la pesanteur n’entrave plus l’évolution des gestes ; les repères terrestres se perdent et la raison se dérobe. Glissée au fond des océans, promenée parmi les racines de l’existence, la photographe ne communique plus avec l’extérieur ; elle se retrouve désormais seule avec son propre corps et observe: des visions rouges, fugaces, brûlantes se succèdent alors devant ses yeux ; un peu plus loin ce sont des apparitions bleutées qui défilent, puis un festival de couleurs et de formes hallucinantes.

L’objectif explore la gamme infinie du mystère et des sensations. Certaines images paraissent d’ailleurs émerger des profondeurs de l’inconscient. Comment en pénétrer le sens ?

Est-il possible de deviner vers où l’artiste chemine ? Ce qu’elle cherche ? N’avance-t-elle pas elle-même aveuglément, souffrant en secret ?

« Je peins comme j’écris », déclare Henri Michaux. « Pour trouver, pour me retrouver, pour trouver mon propre bien que je possédais sans le savoir. Pour en avoir la surprise et en même temps le plaisir de le reconnaître. » Ici, la révélation vient d’une traversée de l’intime. Hélène Ash s’engouffre, s’enfonce chaque fois davantage.

Son approche s’accompagne d’un changement progressif d’échelle : la visibilité à l’oeil nu devient une visibilité microscopique puis moléculaire ; l’intérieur s’offre, les contours s’étirent, des êtres translucides apparaissent.

D’abord chatoyante, la lumière décline progressivement des tons feutrés, opaques, irréels : les lueurs proviennent du tréfonds de l’être et les yeux naviguent au gré d’une délicieuse inquiétude.

Dans le choix de ses modèles, l’artiste se photographie ; elle fixe son zoom sur des détails d’organismes vivants aux allures de membranes et de vaisseaux sanguins ; ces images chirurgicales matérialisent des représentations psychiques.

Les sombres reflets subliminaux et les exigences de la plongeuse convergent pour obtenir une transfiguration des stigmates personnels, concrets, réels, dévorants.

Par ce contact presque clinique de la réalité aqueuse, la photographe travaille à l’appréhension de la réalité féminine : il n’est qu’à regarder ces courbes arrondies, parfaites, ces formes qui semblent incurvées sous un plaisir charnel.

Une sensualité diffuse éclate dans le vertige de quelques clichés ; il s’exhale dès lors un doux parfum d’interdit.

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