Chargement en cours. Merci de patienter…
recherche

Ni vous sans moi, ni moi sans vous

(Marie de France)

Quelle est l’oeuvre d’Hélène Ash ? Jusqu’où nous emporte-t-elle ?

L’histoire de l’artiste se décline en plusieurs rencontres : celle avec la mer, bien sûr, et ses habitants. Si les petits êtres à l’étrange beauté se laissent capturer par la camera obscura, ils exigent de leur photographe de patiente recherche : un jour, le courant brouille la clarté des fonds ; un autre, une anémone capricieuse refuse de se déployer ; un troisième, les lumières ne conviennent pas. Mais lorsque le dialogue s’instaure entre la femme et ses modèles, lorsque les coraux, méduses et oursins acceptent l’objectif, alors ce sont des fêtes de couleurs, des cortèges fabuleux de tentacules multicolores, des paysages irréels vibrant d’une lueur sourde. Le mystère qui enveloppe les polypes s’accroît par ce subtil éclairage qui rend luminescentes les colonies de ces profondeurs. Certaines photos confinent à l’abstraction et la technique se met presque naturellement au service de cet art parfois désincarné, presque immatériel. Comment pourrait-il en être autre ?

L’eau permet à Hélène Ash de se mouvoir librement ; ici, plus aucune posture terrestre ne contrarie l’artiste : le corps se plie aux positions les plus exigeantes. La photographe s’interdit tout contact avec la flore : elle ne souffrirait pas que ses appareils viennent abîmer un milieu si fragile. Alors l’acrobate, suspendue dans l’eau, fixe sur la pellicule la nature sous-marine. Mais cette intrigante personnalité qui arpente les fonds chatoyants inspire une autre lecture de son oeuvre. Car l’oeil qui interroge le silence profond, cet oeil qui n’hésite pas à secouer le sens commun pour révéler une autre réalité, adresse des visions étourdissantes au spectateur. Là, l’espace livre des correspondances infinies. Pourquoi ? Parce que le monde aquatique s’observe à travers le voile des joies et souffrances de la photographe. Hélène Ash semble affronter ses propres énigmes et c’est avec une application obstinée, envoûtante, angoissante même qu’elle nous dévoile une part de ses secrets. Ses photos évoluent au rythme d’interrogations fines et approfondies, jamais refermées sur elles-mêmes. Des pourquoi qui ne réclame finalement aucune réponse immédiate. Les plongées se font parfois si abyssales que l’on en vient à se demander si ce vertige n’incarne pas un combat avec les propres démons de l’artiste. N’y aurait-il pas dans cette démarche introspective une catharsis de la douleur ? ´ Il y a un couteau que je n’oublie pas. Mais c’est un couteau à mi-chemin entre les rêves et que je maintiens au-dedans de moi-même, que je ne laisse pas venir à la frontière des sens clairs. Hélène Ash pourrait faire siens ces propos d’Antonin Artaud. Il ne faudrait pourtant pas cantonner l’oeuvre à cet univers obscur : s’il y a des tourments, il y a aussi des allégresses et les photos exaltent tout le bonheur d’une artiste comblée d’être là, plongée dans la quiéude, heureuse de pouvoir mêler son corps à la mer, heureuse d’entrer en résonance avec l’élément liquide.

Catégories

Étiquettes

j'aimes
View Bigger
Nom: 11h45-le-21-septembre-mer-de-flores
j'aimes
View Bigger
Nom: 11h40-le-11-octobre-alor
j'aimes 3
View Bigger
Nom: 19h30-le-20-mai-cannibal-rock
j'aimes 1
View Bigger
Nom: 17h30-le-20-mai-cannibal-rock
j'aimes 3
View Bigger
Nom: 15h35-le-12-juin-bima-bay
j'aimes 2
View Bigger
Nom: 11h00-le-5-novembre-mer-des-adaman
j'aimes
View Bigger
Nom: 10h30-le-19-mars-mer-des-moluques
j'aimes 5
View Bigger
Nom: 10h30-le-8-octobre-mer-de-flores
j'aimes
View Bigger
Nom: 08h15-le-7-mars-mer-dhalmahera
Afficher les infos détails détails j'aimes 111

Partager sur les réseaux sociaux:

Ou copier et partager cette URL
Articles liés